gravure de Dado

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Dado – Documents audio
Entretiens

Entretiens avec Marcel Billot et Germain Viatte
les 6 novembre et 5 décembre 1969 à Hérouval

Archives sonores
Centre Pompidou, MNAM / CCI, Bibliothèque Kandinsky, Paris

Ces entretiens ont été partiellement retranscrits dans le catalogue édité à Paris en 1970 par le Centre National d’Art Contemporain, à l’occasion de l’exposition Dado du 20 janvier au 23 février 1970.couverture Peindre debout Ils furent à nouveau retranscrits, cette fois en totalité et éclairés par un large appareil critique et de nombreuses notes contextuelles, dans le livre Peindre debout, publié en 2016 aux éditions L’Atelier contemporain – François-Marie Deyrolle éditeur avec le soutien à l’édition du Cnap.
L’ouvrage, préfacé par Anne Tronche, regroupe au total 23 entretiens réalisés avec Dado sur quatre décennies, édités et annotés par Amarante Szidon, fille de l’artiste.

En savoir plus sur le site de l’éditeur.

6 novembre 1969, 1re partie

Au cours d’une conversation à bâtons rompus, Dado évoque successivement des souvenirs de son enfance et de la Seconde Guerre mondiale au Monténégro (ses « premiers spectacles d’horreur »), le panorama du lac de Scutari [Skadar], son amitié avec Réquichot, son hospitalisation en 1961, son rapport à la nourriture, la transplantation cardiaque de Blaiberg en 1968, l’horreur quotidienne, la mort et les formes engendrées par la mort, la vie comme forme de damnation, la mort dans la nature, l’étang d’Hérouval…

6 novembre 1969, 2de partie

Dado commence par évoquer le tableau de Jean Fouquet, Vierge à l’Enfant avec des séraphins et des chérubins au Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers.
Ici, l’enregistrement est coupé. Dans le catalogue du CNAC, il est écrit (sans doute d’après une version intègre de l’enregistrement) :
« GV : Les anges rouges ?
D : Je pensais aux problèmes raciaux qui nous concernent personnellement, il est curieux que Fouquet ait peint des anges noirs et blancs. Les anges bleus, se sont des bébés noirs, les anges rouges ce sont des bébés blancs. Mais c’est évident…, c’est incroyable…
GV : Ce qui est très étonnant, ce sont ces têtes portées par des ailes, l’absence de corps.
D : Oui, c’est cela, c’est une idée mystique, l’absence du tronc, certainement. »
L’enregistrement reprend et Dado raconte avoir vu le cadavre d’un homme qui s’était jeté sous un train. Puis il évoque successivement le tableau d’Andrea Mantegna, Lamentation sur le Christ mort, l’influence des peintures italienne et allemande sur son travail et surtout celle de Witz, sa formation aux Beaux-Arts, Bosch, Bruegel, Schongauer, un tableau de soldat par Le Greco à la Frick Collection de New York (la mémoire de Dado lui fait défaut au moment de l'entretien, mais il pense en fait au portait de Vincenzo Anastagi)… Puis il parle de la ville de New York, de sa rencontre avec Hessie, de La Main enchantée de Gérard de Nerval, de l’exercice du dessin, des gommages successifs dans ses tableaux, du cerveau…
Hessie entre dans la pièce, l’enregistrement est coupé et reprend sur la description par Dado de sa journée de travail. Il évoque ensuite la prolifération des chats à Hérouval, l’importance des animaux et surtout des oiseaux, la nuit, une interprétation « psychanalytique » du motif obsédant de la maison dans ses tableaux, l’importance des mots, la guerre – pas vue mais entendue –, ses cousins résistants tués…

5 décembre 1969, 1re partie

Dado évoque la bourse qu’il a reçue de la Yougoslavie socialiste à l’âge de 14 ans, sa formation aux Beaux-Arts, ses premiers portraits de maréchaux soviétiques en 1943, ses condisciples des Beaux-Arts, ses professeurs, son oncle peintre, Nolde, les surnoms qu’il donnait à ses condisciples, son premier tableau vendu (La Fin du monde), son travail de peintre en bâtiment lors de son arrivée à Paris, puis son travail dans l’atelier de lithographie de Patris, sa rencontre avec Dubuffet dans cet atelier, celles avec James Speyer, puis avec Kalinowski et Daniel Cordier qui devient son marchand, son arrivée en 1958 à Courcelles-les-Gisors chez le père Lévêque modèle de Thomas More, pourquoi il peignait alors des bébés, La Vierge à l’Enfant entourée des saints Innocents (« la plus belle toile de Rubens »), sa première visite au Louvre, pourquoi il s’est installé à la campagne, la ville et la campagne, les murs du Vexin, ses premières toiles « mécaniques », l’absence de l’eau et du feu dans sa peinture, la pétrification, la neige chez les peintres pompiers…

5 décembre 1969, 2de partie

Les questions de Viatte et de Billot conduisent Dado à aborder successivement les thèmes suivants : l’absence « pudique » du sang dans sa peinture, la mort de sa mère, les seaux de sang comme ex-libris d’Hérouval, l’ambiguïté comme éternité, la distinction entre les choses qu’il regarde et les choses qu’il peint (les arbres), l’oubli de ce qu’il a peint, le sexe masculin, Le Babouin amoureux, le discours et la peinture, les désastres politiques comme confirmation de sa peinture comme peinture de la malédiction du futur comme pire, le bonheur comme connerie, l’intérêt des gens angoissés pour sa peinture, l’absence de plan personnel dans l’horreur intemporelle de sa peinture, le racisme, Eldridge Cleaver, l’absence d’illusion mais le désintérêt pour le désespoir – « sentiment réactionnaire » –, le fait que sa peinture ne doit pas devenir un exorcisme personnel mais quelque chose de commun, son refus de la civilisation…

Entretien inédit sur Bernard Réquichot
avec Alfred Pacquement en 1972 à Hérouval

Archives sonores
Centre Pompidou, MNAM / CCI, Bibliothèque Kandinsky, Paris


Dado raconte à Alfred Pacquement sa rencontre, son amitié et ses conversations avec Bernard Réquichot. Il évoque, avec force anecdotes, la personnalité de Bernard Réquichot, son œuvre, ses écrits, ses lectures (Joyce et Michaux), sa vision du monde, sa solitude et son suicide. Dado revient par ailleurs sur son tableau en hommage à Réquichot, La Grande Ferme (1962-1963), et sur sa Traction avant (1968-1975). Il évoque également son emménagement à Hérouval en 1960 et son hospitalisation en 1961.

Voir aussi la vidéo de l’entretien avec Alexandra Deneux également sur Bernard Réquichot.

Écouter l’intervention de Dado dans l’émission de France Culture de 1994 consacrée à Bernard Réquichot.

Visiter le site officiel consacré à l’œuvre de Bernard Réquichot.

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